Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Elue parmi les femmes les plus influentes de New York en 2014, Rebecca Mahony dirige le marketing de Teads. Cette anglaise est aussi néo-zélandaise (par son père) et a appris très tôt à voyager. Installée depuis mai 2014 à New York, Rebecca nous avoue sa fascination pour la « grande pomme », le centre du monde publicitaire !

Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Catherine Nivez : Qu’est-ce qui vous a le plus étonnée en arrivant à New York ?

Rebecca Mahony : En arrivant ici en mai 2014, je savais que le niveau professionnel serait plus élevé que partout ailleurs mais franchement je ne m’attendais pas à ça. A New York, tout est plus grand. Tout le monde dépense énormément d’argent dans le marketing. Quand vous arrivez de Londres comme moi, on ne peut être qu’impressionné. Les Etats-Unis représentent plus de 4 fois la taille du marché anglais. C’est un marché très important, mais très encombré et difficile. Passé cette impression, en moins d’un an, et en travaillant beaucoup… nous avons réussi à nous faire connaître en partant de zéro. Pour sortir du lot, il a fallu beaucoup s’impliquer. Surtout quand vous voulez atteindre un niveau mondial et global. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie mais franchement, je n’ai jamais vu une ville aussi extraordinaire que NYC !

CN. : Vous avez rejoint Teads dès les débuts en 2011, qu’est-ce qui vous a convaincu de venir ?

R.M. : J’ai connu Teads quand j’étais leur cliente. Je travaillais pour OMD (Omnicom Media Group) à Londres ; je définissais la stratégie digitale de grandes marques comme Sony ou Mac Donald. Ce qui m’a immédiatement frappée chez Teads c’est leur énergie entrepreneuriale. C’est une petite équipe qui a une grande vision. Je m’entendais très bien avec l’équipe. Il y a tellement de passion dans ce groupe ! Les gens adorent leur métier et ils sont bons. J’avais très envie de faire partie de ce groupe. Et je ne me suis pas trompée. Teads est une très belle expérience ! L’équipe a faim et sait relever de grands challenges.

C.N. : Et quel est le plus grand challenge pour le marketing de Teads ?

R.M. : Un de nos challenges est de réussir à marketer le même produit pour des régions aussi différentes que l’Asie, l’Amérique du sud, l’Europe de l’Est… Même aux Etats-Unis, les côtes Est et Ouest sont culturellement très différentes. Nous en tenons compte en travaillant différemment sur les 2 côtes.

L’autre grand challenge est de réussir à se faire entendre sur un marché américain où tout semble avoir été dit en matière de publicité. Pourtant nous arrivons à créer et à réellement innover avec Teads. Mon objectif aux Etats-Unis : je veux que les gens pensent spontanément à Teads, quand on évoque le marché de la vidéo publicitaire…

C.N. : Comment comptez-vous atteindre ces objectifs en 2015 ?

R.M. : Jusqu’ici, nous avons concentré nos efforts sur la construction de l’équipe, nous avons maintenant une base solide et de grande qualité, sur laquelle nous allons pouvoir développer notre marketing. Il y a beaucoup à faire. Notamment sur notre site internet.

J’aimerais aussi m’intéresser à la publicité que nous pouvons faire sur nous-mêmes.

C.N. : Combien de campagnes délivrez-vous chaque mois ?

R.M. : Nous distribuons plusieurs centaines de campagnes chaque mois, cela dépend de la période de l’année. Toutes nos campagnes sont « outstream », qui est notre spécialité, avec notre format star : « l’InRead ». Au total à travers nos campagnes, nous pouvons toucher jusqu’à 680 millions d’utilisateurs uniques par mois à travers le monde. Dont 220 millions aux Etats-Unis.

C.N. : Vous semblez vous aussi, gagnée par la certitude d’y arriver…

R.M. : Cela arrive peut-être 1 fois ou au maximum 2 fois dans une vie professionnelle : Teads se trouve au bon endroit au bon moment, avec le bon produit. Et nous avons la chance d’avoir les meilleurs dans notre équipe. C’est très exaltant.

Quand on arrive aux Etats-Unis, en tant qu’européen, on ne peut être que marqué par l’enthousiasme débordant des entrepreneurs ici. Les gens sont très ouverts à toute nouvelle idée de business que vous pourriez leur apporter. Ce qui est notre cas. Et quand vous êtes le « nouveau en ville », ils sont curieux et veulent vous connaitre. Tout le pays est animé par cette mentalité « start-up ». C’est très rafraichissant. Il y a chez les américains, comme chez Teads, un amour authentique pour le produit et le métier. Chez Teads et à New-York, je me sens moi aussi au bon endroit et au bon moment.

Interview de Jim Daily

Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Jim Daily

A 32 ans, Jim Daily est déjà un ancien de la pub. Ce passionné de golf travaille dans le secteur de la pub online depuis 10 ans. Aujourd’hui, il dirige Teads aux Etats-Unis. Je l’ai rencontré dans ses bureaux de New York.

Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Catherine Nivez : Teads n’est pas une société connue du grand public. Pouvez-vous nous présenter son métier ?

Jim Daily : Nous travaillons uniquement avec des professionnels en B to B, c’est sans doute la raison pour laquelle le grand public ne nous connaît pas. Notre métier est d’aider les grandes marques à toucher leur public à travers des vidéos publicitaires diffusées sur des sites internet à forte valeur éditoriale. Nos clients (les marques mais aussi leurs agences de publicité) nous fournissent leurs vidéos que nous distribuons sur des sites de medias très connus comme le Washington Post ou The Economist.

C.N. : Teads a inventé ses propres formats vidéo. En quoi sont-ils innovants ?

J.D. : Notre technologie est innovante et fascinante pour plusieurs raisons. Nous avons créé une nouvelle forme de publicité : « l’Outstream » qui est l’opposé de l’Instream.

L’Instream appelé aussi Preroll, sont des vidéos publicitaires imposées aux internautes avant un contenu vidéo qu’ils souhaitent visionner.

L’outstream que nous avons lancé, est une vidéo publicitaire qui apparaît au milieu d’un contenu éditorial, par exemple entre 2 paragraphes d’un article et qui disparait automatiquement si l’internaute ne souhaite pas la voir. Nos vidéos génèrent des revenus pour les éditeurs, là où il n’y en avait pas auparavant. Jusqu’à présent, les espaces publicitaires disponibles sur les sites d’éditeurs à forte valeur ajoutée comme Forbes, le Washington Post ou The Economist étaient limités aux formats publicitaires classiques, comme les bannières et le pré-roll.

L’inventaire vidéo, c’est à dire l’espace publicitaire disponible sur ces sites était limité et les revenus des éditeurs étaient par conséquence limités. Avec notre technologie, nous déverrouillons l’inventaire vidéo qui est le plus recherché et le plus cher, et nous créons une nouvel espace publicitaire premium. Nous apportons une réponse aux deux parties : plus d’espaces de qualité pour les annonceurs et plus de revenus pour les éditeurs.

C.N. : Votre format emblématique « InRead » a déjà été copié plusieurs fois par des concurrents. Comment allez-vous garder le leadership ?

J.D. : Nous avons inventé le format InRead et c’est vrai que nous sommes déjà très copiés sur ce marché. La différence qui fait notre force, est d’une part notre technologie. Nous sommes les premiers à avoir développé ces formats outstream et nous conservons une avance considérable. Nous avons toujours 10 mois d’avance sur le marché.

Notre 2ème grande force est notre équipe. Nous avons réuni de nombreux talents chez Teads. L’énergie de nos équipes est exceptionnelle. L’équipe est une clé très importante pour réussir sur ce marché, et nous avons cette clé.

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C.N : Votre approche est dites-vous, très ciblée. C’est à dire… ?

J.D. : Notre approche cible uniquement les vrais consommateurs des marques. Aujourd’hui, les internautes ne veulent pas se voir imposer des publicités vidéos qui sont loin de leurs centres d’intérêts. Nos vidéos « InRead » apparaissent pendant la lecture d’un article. Si le consommateur ne souhaite pas la visionner, il continue sa lecture et la vidéo se referme automatiquement. Nous sommes dans un choix. Nous ne forçons pas le message, nous le proposons et l’utilisateur décide.

C’est l’évolution de la publicité digitale. Plus vous aidez les consommateurs et les marques à être dans une relation désirée, plus il y a plus de chances qu’ils achètent les produits. C’est toute l’histoire de la publicité : atteindre des consommateurs de la meilleure façon qui soit, pour les inciter à acheter vos produits.

Par ailleurs, notre technologie est capable de comprendre les contenus de nos éditeurs par un système de lecture sémantique de chaque page éditoriale. Nos robots sémantiques scannent les pages et identifient les thématiques abordés comme « sport », Culture ou encore « catastrophe » quand il s’agit d’une actualité plus dramatique. Nous diffusons nos vidéos uniquement dans un contenu contextualisé.

C.N. : Parlez-nous de votre plateforme SSP. Est-elle déjà lancée aux Etats-Unis ?

J.D. : Nous sommes actuellement en phase de lancement de notre plateforme SSP qui sera totalement déployée à la fin du 1er trimestre 2015. Celle-ci fonctionne exactement comme le marché de la bourse à Wall Street. Les vendeurs d’espaces (les éditeurs) et les acheteurs (les marques) se retrouvent sur une place de marché pour acheter et vendre. C’est exactement ce que nous proposons avec notre plateforme SSP spécialisée sur le marché des médias sur internet. Cette plateforme SSP créé de nouvelles opportunités de revenus pour les medias, et un nouveau marché premium pour les marques. C’est très innovant et très motivant.

C.N. : Un an après votre lancement, comment vous situez-vous sur le marché américain ? Etes-vous satisfait ?

J.D. : Quand nous nous sommes lancés fin 2013, nous étions 2 chez Teads US. Personne ne nous connaissait. Le marché américain est très compliqué car c’est le 1er marché publicitaire au monde. La concurrence y est très forte car il y a beaucoup d’argent.

Un an après notre lancement, fin 2014, nous étions 37 sans compter notre équipe basée à Miami qui s’occupe du marché sud-américain. Nous couvrons désormais tout le pays avec nos 3 bureaux de New York, Chicago et Los Angeles. Ce type de croissance est assez unique et rare. Nous avons commencé sans réseau de distribution et il n’y avait pas de modèle avant nous. Aujourd’hui, toute la communauté des agences de publicité nous connaît. C’est un très bon bilan au bout d’un an. Teads est maintenant dans une croissance à 3 chiffres et va recruter 185 nouveaux collaborateurs dans le monde en 2015.

Propos recueillis par Catherine Nivez

Interview de Rebecca Mahony & Jim Daily

Rédigé par EbuzzingFR

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